Murets et couvertines : le point faible des toits du centre ancien de Tours
À Tours, les murets de toiture et leurs couvertines vieillissent mal. Je vous explique pourquoi ce détail fragilise souvent toute la toiture.

Un désordre que je croise souvent à Tours
Je travaille depuis longtemps sur les toits du centre ancien de Tours. Qu'il s'agisse d'un pavillon près de la cathédrale ou d'une maison de ville du côté de la place Plumereau, je retrouve toujours le même point faible. Ce n'est pas la couverture elle-même. C'est le muret qui la borde, et la couvertine posée dessus.
Ce détail paraît secondaire. Il ne l'est pas. Un muret mal protégé peut faire pourrir une charpente entière, sans que le propriétaire comprenne d'où vient l'humidité.
Pourquoi le muret est un point faible
Les maisons anciennes de Tours ont souvent des murets mitoyens, des acrotères ou des murs de refend qui dépassent la toiture. Ces murets sont construits en pierre de tuffeau ou en moellon. Ce sont de belles matières, mais elles sont poreuses.
Sans protection en tête, l'eau de pluie s'infiltre directement dans la maçonnerie. Elle descend ensuite dans le mur, jusqu'à la charpente ou jusqu'aux pièces habitées. On parle souvent de la couverture en premier, mais le muret travaille tout autant, et il est bien plus exposé au gel et aux écarts de température.
Le rôle de la couvertine
La couvertine, c'est la pièce qui coiffe le muret. Elle peut être en zinc, en pierre, en béton ou en terre cuite selon l'époque de construction. Son rôle est simple : empêcher l'eau de pénétrer dans la maçonnerie par le dessus.
Pour bien fonctionner, une couvertine doit respecter quelques règles de bon sens :
- un débord suffisant de chaque côté du muret
- une légère pente pour évacuer l'eau
- des joints étanches entre les éléments
- un rejingot ou un relevé contre le mur voisin quand c'est nécessaire
Quand l'un de ces points fait défaut, l'eau stagne ou s'infiltre. Avec le temps, même un muret solide finit par se dégrader de l'intérieur.
Les signes qui doivent alerter
Je conseille toujours de regarder le muret depuis une fenêtre à l'étage, ou depuis la rue avec des jumelles. Certains signes se voient sans monter sur le toit :
- des traces d'humidité sous le muret, à l'intérieur
- des joints de couvertine fissurés ou manquants
- de la mousse qui s'installe sur la pierre juste sous la couvertine
- une couvertine qui bouge légèrement au toucher
- des traces de sel ou d'efflorescence sur la maçonnerie
Ces signes apparaissent souvent après plusieurs hivers, parfois bien avant qu'une fuite ne soit visible dans la pièce du dessous. Plus on attend, plus la pierre absorbe l'humidité en profondeur.
Comment j'interviens
Sur un muret dégradé, je commence toujours par un diagnostic complet. Je vérifie l'état de la maçonnerie, la fixation de la couvertine, et la jonction avec la couverture elle-même. C'est souvent à cette jonction, entre le muret et le toit, que se cache le vrai problème.
Selon l'état du muret, je propose :
- la dépose et repose d'une couvertine en zinc, bien adaptée aux maisons de Tours
- la reprise des joints en mortier de chaux, compatible avec le tuffeau
- la pose d'un solin soigné pour assurer la liaison avec les tuiles ou les ardoises
- un traitement contre les remontées d'humidité si la pierre est déjà gorgée d'eau
Je privilégie toujours des matériaux qui respectent le bâti ancien. Le zinc reste un bon compromis : durable, souple à façonner, et discret une fois posé. Vous pouvez en savoir plus sur cette technique dans notre page dédiée à la zinguerie.
Prévenir plutôt que subir
Le centre ancien de Tours a un charme particulier, mais il demande un entretien régulier. Un muret en bon état protège toute la toiture, et donc toute la maison. Une inspection tous les quelques hivers suffit souvent à éviter des travaux lourds.
Si vous habitez le centre-ville ou l'une des communes autour, n'hésitez pas à consulter notre page couverture à Tours pour voir comment nous intervenons sur ce type de bâti.
Si vous avez un doute sur l'état d'un muret ou d'une couvertine chez vous, le plus simple reste d'en parler directement. Je passe volontiers faire un point visuel et vous dire ce que j'observe, sans engagement de votre part.
Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.
