Bas de pente pourri à Tours : voliges, liteaux et ce qu'on refait
Tuiles du bas qui glissent, bois noirci contre le mur : comment on reconnaît un bas de pente pourri sur une maison de Tours et comment on le refait sans toucher au reste du toit. Photos d'un chantier récent en Touraine.

Le bas d'une toiture, c'est souvent là que le bois lâche en premier. À Tours comme dans toute la métropole, on le voit sur des maisons anciennes où l'eau du versant finit sa course contre un mur. Les photos de cet article viennent d'un chantier récent en Touraine : un bas de versant en tuiles mécaniques, avec des liteaux et des voliges pourris. On a tout ouvert, retiré le bois abîmé et refait le bas de pente. Voici comment on reconnaît le problème et comment on s'y prend.
Pourquoi le bas de pente pourrit-il avant le reste du toit ?
Parce que c'est là que toute l'eau du versant finit sa course. Chaque goutte qui tombe sur le toit descend et passe sur les derniers rangs. Si une tuile est fêlée, mal emboîtée, ou si des débris bloquent l'écoulement, l'eau s'arrête et le bois dessous reste humide.
Plusieurs choses aggravent la situation :
- des feuilles, de la mousse ou des débris qui retiennent l'eau en bas du versant ;
- une gouttière qui déborde et mouille le bord du toit ;
- un bas de pente contre un mur, où l'air circule mal et où le bois sèche lentement ;
- l'absence d'écran sous les tuiles sur les vieilles maisons, qui laisse passer la pluie poussée par le vent.
Le bois ne pourrit pas en une saison. Il prend l'eau, sèche mal, recommence. Un jour, les liteaux ne tiennent plus les tuiles et les voliges cèdent sous le pied.
Comment savoir si les voliges et les liteaux du bas sont pourris ?
Le signe le plus parlant, ce sont des tuiles du bas qui bougent ou glissent alors que le haut du toit est bien en place.
Depuis la rue ou le jardin, regardez :
- un premier rang de tuiles qui ondule ou qui s'affaisse ;
- des tuiles décalées seulement en bas du versant ;
- de la mousse en bourrelet sur les derniers rangs.
Depuis les combles, si vous y avez accès : des traces d'eau sur le bois près du mur, du bois noirci, une odeur de moisi.
Sur le toit, c'est notre travail. On soulève quelques tuiles et on regarde le bois. Un liteau sain résiste. Un liteau pourri s'écrase ou casse net. Je déconseille de monter vérifier soi-même : un bas de pente pourri, c'est justement l'endroit où le pied passe au travers.
Ce qu'on a trouvé en déposant les tuiles
Dès qu'on soulève les tuiles du bas, le trou parle tout seul. Des débris accumulés, du bois noirci, plus rien de propre sous la couverture. Sur ce toit, on voit aussi des ardoises en place contre le mur, à côté des tuiles mécaniques.

Ensuite, on ouvre tout le bas du versant. Sur la photo suivante, on est deux : un sur le toit, l'autre sur l'échelle. On retire les liteaux et les voliges pourris le long du mur. Le bois est noir, fendu, cassé par endroits.

On enlève tout ce qui est abîmé, jusqu'au bois sain. Laisser un morceau pourri sous du bois neuf, c'est être sûr de revenir.
Faut-il refaire tout le toit quand le bas de pente est pourri ?
Non, pas forcément. Si le pourrissement reste limité au bas du versant et que le reste est sain, on reprend seulement la zone touchée. C'est une réparation de toiture ciblée. Ici, le haut du toit est resté en place, avec ses tuiles mécaniques et sa sortie de ventilation.
La décision se prend une fois le bas ouvert, pas avant. On regarde :
- les chevrons sous les voliges : s'ils sont sains, la charpente reste ;
- les tuiles déposées : celles qui sont entières peuvent souvent resservir ;
- le reste du versant : si on voit les mêmes signes ailleurs, on en parle avec le propriétaire avant d'aller plus loin.
Quand le bois est attaqué plus haut, ou que les chevrons sont touchés, c'est une autre discussion. On parle alors d'une rénovation de toiture ou d'une reprise de charpente, et on le dit clairement avant de chiffrer.
Comment refait-on un bas de pente, étape par étape ?
On dépose, on remplace le bois, on recouvre. Dans cet ordre, sans sauter d'étape.
- Dépose des tuiles du bas, mises de côté quand elles peuvent resservir.
- Retrait des liteaux et des voliges pourris, jusqu'au bois sain.
- Contrôle des chevrons et de l'appui sur le mur.
- Pose du bois neuf, aligné sur ce qui reste plus haut pour que les rangs se raccordent.
- Recouvrement du bas de pente, ici en ardoise, puis les tuiles mécaniques par-dessus.
- Finition du bord contre le mur, là où l'eau cherche toujours à passer.
Ce dernier point compte autant que le bois. Un bas de pente refait à neuf mais mal fini contre le mur repourrit. La jonction entre un toit et un mur, je l'explique en détail dans l'article sur la bande de solin et l'abergement.
Le résultat sur ce chantier
La photo en tête d'article montre le bas du versant terminé. Une bande d'ardoises court tout le long du bas, sous le premier rang de tuiles mécaniques. Le bord est net au-dessus du mur, et le reste du toit n'a pas bougé.
C'est un travail ciblé. On n'a pas touché à ce qui allait bien. Et le bas du toit, celui qui reçoit toute l'eau du versant, repart sur un support sain.
Pourquoi les toits de Tours sont-ils concernés ?
Surtout à cause de l'âge des maisons et du mélange des matériaux. Dans la métropole de Tours, beaucoup de toits ont été repris plusieurs fois : tuiles mécaniques sur une partie, ardoise ou tuile plate à côté, murs anciens enduits ou en tuffeau. Chaque raccord entre deux matériaux, ou entre le toit et un mur, est un endroit où l'eau peut s'arrêter.
L'humidité de la vallée de la Loire et du Cher n'aide pas. Le bois sèche lentement à l'automne et en hiver, surtout côté nord et contre un mur mitoyen.
Mon conseil : à l'automne, une fois les feuilles tombées, regardez le bas de vos versants depuis la rue ou le jardin. Un rang qui ondule, des tuiles décalées, de la mousse en bourrelet tout en bas : c'est le moment de faire vérifier. Une gouttière qui déborde au même endroit est souvent la cause.
Les questions qu'on me pose
À Tours, un bas de pente pourri se répare-t-il sans refaire tout le toit ?
Souvent, oui. Si le bois est abîmé seulement en bas du versant et que les chevrons sont sains, on reprend uniquement cette zone. On le sait une fois les tuiles du bas déposées, pas avant.
Peut-on changer seulement les liteaux sans toucher aux voliges ?
Oui, si les voliges sont saines. Quand l'eau a stagné assez longtemps pour pourrir les liteaux, les voliges en dessous sont souvent touchées aussi, donc on vérifie planche par planche.
Une bâche suffit-elle en attendant les travaux ?
Une bâche protège de la pluie pour un temps, mais elle ne redonne aucune tenue au bois. Si des tuiles du bas glissent déjà, il faut faire venir un couvreur rapidement.
Pourquoi de l'ardoise sous des tuiles mécaniques sur ce chantier ?
Sur ce toit, il y avait déjà des ardoises contre le mur avant les travaux, on les voit sur la photo de dépose. Le matériau du bas de pente se décide au cas par cas, selon ce qui était en place et le raccord à faire avec le reste du versant.
Pour votre toit à Tours et autour
Vous voyez des tuiles qui glissent en bas de votre toit ? Décrivez-nous ce que vous voyez depuis le sol, ou demandez un devis. On vient regarder avant que le bois ne lâche.
Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.
