Toiture-terrasse : tout se joue dans les angles et aux évacuations
Une toiture plate ne fuit presque jamais au milieu. Elle fuit dans un angle d'acrotère, à une évacuation bouchée, sur une fissure de couronnement. Visite guidée d'un diagnostic.

Le coin qui raconte tout
Cette photo, c'est l'angle d'une toiture-terrasse comme il en existe beaucoup à Saint-Pierre-des-Corps et dans les quartiers reconstruits ou récents de l'agglomération : étanchéité bitume, murets d'acrotère couverts de zinc, une évacuation qui traverse le muret.

Tout ce qui fait vieillir une toiture plate est réuni dans ce mètre carré :
- le relevé d'étanchéité (la remontée du bitume contre le muret), qui se décolle et s'effrite en pied d'acrotère ;
- l'évacuation qui traverse le mur, cernée de mousse : quand elle se bouche, l'eau monte sur toute la terrasse ;
- les débris accumulés (feuilles, terre, mousses), qui retiennent l'humidité en permanence sur les points faibles.
Pourquoi une terrasse fuit toujours au bord
Au milieu d'une toiture plate, l'étanchéité est un tapis continu : rien à raccorder, donc presque rien à casser. Tout le risque est aux interruptions : les bords, les angles, les traversées. Le relevé travaille à chaque écart de température, l'angle cumule les mouvements de deux murs, et l'évacuation concentre toute l'eau de la surface en un seul point.
D'où la règle que j'applique en diagnostic : sur une terrasse qui fuit, je passe cinq minutes au milieu et une heure sur les rives.
Le couronnement aussi se fissure
Autre point contrôlé le même jour, à quelques mètres :

Une fissure fine sur un couronnement ou un appui n'a l'air de rien (le doigt est là pour l'échelle). Mais sur une pièce horizontale, une fissure ne s'égoutte jamais : l'eau y entre, y reste, et le gel l'élargit chaque hiver. C'est le même mécanisme qui finit par décoller les couvertines et faire éclater les têtes de mur.
L'entretien qui sauve une terrasse
Une toiture-terrasse bien entretenue dure des décennies. Celle qui coûte cher, c'est celle qu'on oublie. Le programme est simple :
- deux fois par an, dégager les évacuations et balayer les angles : c'est une heure de travail ;
- vérifier les crapaudines (les grilles qui protègent les évacuations) et en poser s'il n'y en a pas ;
- surveiller les relevés : un bitume qui blanchit, cloque ou se décolle en pied de muret se reprend ponctuellement tant que c'est localisé ;
- traiter les fissures de couronnement avant l'hiver, pas après.
Une reprise localisée de relevé, faite à temps, évite la réfection complète de l'étanchéité, et surtout les dégâts intérieurs, car sous une terrasse il y a rarement des combles pour absorber la fuite : l'eau arrive directement au plafond.
Vous avez une toiture plate ou un garage à terrasse dont vous ne savez pas quand il a été vérifié ? Dites-le-moi : le contrôle est rapide, le déplacement gratuit, et je vous remets les photos de ce que j'ai vu, comme celles de cet article.
Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.
