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Zinguerie3 septembre 2026

La tabatière, cette petite fenêtre de toit qu'on oublie pendant trente ans

Avant le Velux, il y avait la tabatière : un châssis en zinc ou en fonte posé dans la couverture. Il en reste partout, et c'est un point d'entrée d'eau qu'on ne contrôle jamais.

La tabatière, cette petite fenêtre de toit qu'on oublie pendant trente ans

Un équipement d'un autre temps, toujours en service

Sur les maisons anciennes de Notre-Dame-d'Oé et de toute la métropole, on trouve encore ces petites fenêtres de toit à l'ancienne : les tabatières. Un cadre en zinc ou en fonte, une vitre ou une plaque pleine, et un abergement (le raccord d'étanchéité avec la couverture) façonné à la main.

Tabatière en zinc fermée sur une couverture en ardoises couvertes de lichens, abergement zinc visible
Tabatière en zinc fermée sur une couverture en ardoises couvertes de lichens, abergement zinc visible

Celle-ci est posée sur un pan d'ardoises que les lichens ont colonisées. Elle a probablement soixante ans, et elle n'a sans doute jamais été revue depuis. C'est le sort de la plupart des tabatières : elles éclairent un grenier où personne ne monte, donc personne ne voit ce qui se passe autour.

Pourquoi c'est un point sensible

Une couverture fuit rarement en plein pan : elle fuit aux raccords. Et une tabatière, c'est quatre raccords : un de chaque côté du châssis. Avec les décennies :

  • le mastic ou le joint d'origine sèche et se rétracte ;
  • le zinc de l'abergement se fatigue aux pliures, là où il travaille à chaque écart de température ;
  • les ardoises ou tuiles qui recouvrent l'abergement bougent, et le recouvrement ne fait plus sa hauteur ;
  • si le châssis est en fonte, la rouille déforme le cadre et la vitre ne porte plus correctement.

Le résultat est sournois : pas une fuite franche, mais un suintement à chaque grosse pluie, qui humidifie le liteaunage et la charpente autour du châssis. Quand la tache traverse enfin le plafond, le bois a déjà bu pendant des années.

Contrôler, réparer, ou remplacer

Trois niveaux, selon l'état :

  • Contrôle : à chaque intervention sur le toit (démoussage, gouttières), je regarde systématiquement les abergements des châssis. Ça ne coûte rien puisque l'accès est déjà en place.
  • Reprise : un abergement fatigué se refaçonne en zinc neuf sans changer le châssis, si le cadre est sain. C'est du travail de zinguerie classique.
  • Remplacement : si le châssis lui-même est déformé ou si vous voulez de la lumière et de l'ouverture, on pose une fenêtre de toit moderne à la place. C'est l'occasion de traiter l'isolation autour, ce que la tabatière d'origine n'a jamais eu.

Le bon réflexe

Si votre maison a un grenier, montez-y un jour de grosse pluie et regardez autour du châssis avec une lampe. Un bois plus sombre, une odeur de moisi, des traces de coulure : c'est le signe qu'il faut faire vérifier l'abergement. Décrivez-moi ce que vous voyez : le déplacement est gratuit, et une reprise faite à temps évite une reprise de charpente.

Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.

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