Des faîtières qui partent en poussière : ce que ça annonce, et quand agir
Quand la terre cuite du faîtage s'effeuille au point de perdre sa forme, ce n'est plus un problème d'esthétique : c'est la crête du toit qui ne fait plus son travail.

La crête du toit, en première ligne
Le faîtage est la ligne la plus exposée d'une toiture : le vent la frappe des deux côtés, la pluie la traverse dans les deux sens, le gel la travaille en premier. Quand il lâche, l'eau entre par le sommet et descend dans la couverture : le pire chemin possible.

Sur cette photo, prise du côté de Mettray sur le type de bâti qu'on trouve dans les bourgs au nord de Tours, les faîtières en terre cuite ont dépassé le stade de l'usure : la surface s'effeuille, les arêtes sont rongées, les lichens ont colonisé ce qui reste. Une faîtière dans cet état boit l'eau au lieu de la renvoyer.
Comment la terre cuite meurt
C'est toujours le même mécanisme. La terre cuite neuve est protégée par sa peau de cuisson, lisse et serrée. Avec les décennies, cette peau s'use ; le cœur du matériau, plus poreux, se retrouve exposé. Il absorbe l'eau, le gel la fait éclater en fines feuilles, et chaque hiver enlève une couche. Les lichens accélèrent le travail en retenant l'humidité en surface.
Une fois ce cycle enclenché, il ne s'arrête pas : c'est pour ça qu'une faîtière très érodée ne se « traite » pas, elle se remplace.
Les signes, du plus discret au plus urgent
- Des grains rouges dans les gouttières : c'est la faîtière qui s'érode et descend avec la pluie.
- Des arêtes arrondies, une surface feuilletée vues à la jumelle : l'érosion est installée.
- Du mortier fissuré ou absent entre les faîtières : l'eau passe déjà entre les éléments.
- Une faîtière décalée ou qui bouge au vent : là, on ne parle plus d'entretien mais d'urgence : un élément de plusieurs kilos posé à la crête d'un toit doit tenir.
Ce qu'on fait, concrètement
Une reprise de faîtage se raisonne sur la ligne entière, pas faîtière par faîtière : on dépose, on contrôle ce qu'il y a dessous, on repose des éléments neufs, scellés au mortier bâtard ou posés à sec sur closoir ventilé selon la configuration. Sur une couverture par ailleurs saine, c'est un chantier court, et c'est l'un des plus rentables qui soient : la ligne refaite protège tout ce qui est dessous.
J'ai détaillé un chantier de ce type dans le journal : la réfection d'un faîtage à Joué-lès-Tours. Et si vos faîtières ressemblent à celles de la photo, envoyez-moi une photo prise depuis le sol : on saura vite si ça peut attendre l'automne ou pas.
Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.
