Le mur qui « boit » par le haut : reprise d'étanchéité d'une arase, avant et après
Quand le sommet d'un mur pignon n'est plus protégé, l'eau descend dans la maçonnerie et ressort en taches d'humidité à l'intérieur. Un chantier court, montré avant et après.

Une fuite qui ne vient pas du toit
Toutes les infiltrations ne passent pas par la couverture. Sur les maisons à mur pignon débordant (fréquentes à Chambray-lès-Tours comme partout où le pavillonnaire côtoie le bâti ancien), le sommet du mur, qu'on appelle l'arase, dépasse au-dessus du toit. Cette tranche de maçonnerie est exposée à la pluie sur toute sa longueur, et sa protection d'origine finit toujours par lâcher.

Le montage ci-dessus montre les deux états du même mur : en haut, la protection d'origine fatiguée, aux fixations descellées ; en bas, la reprise en cours : bande d'étanchéité neuve posée sur toute la ligne, façonnée sur l'angle et fixée dans les règles.
Ce qui se passe quand l'arase n'est plus étanche
La maçonnerie n'est pas étanche par elle-même : un mur enduit encaisse la pluie battante sur sa face, mais sa tranche supérieure, elle, absorbe l'eau comme une éponge si rien ne la couvre. L'eau descend alors par gravité à l'intérieur du mur, et les symptômes apparaissent loin de la cause :
- des taches d'humidité en haut des murs intérieurs, côté pignon ;
- un enduit extérieur qui cloque ou verdit sous la ligne de l'arase ;
- au gel, des fissures qui s'ouvrent dans le couronnement lui-même : l'eau piégée qui gèle fait éclater le mortier.
Le piège classique : chercher la fuite dans la couverture, parce que « ça vient d'en haut ». J'ai vu des toitures inspectées deux fois pour une tache qui venait du mur.
La reprise, concrètement
Le chantier est court mais il se fait bien ou pas du tout :
- purge de ce qui ne tient plus : ancien solin, mortier mort ;
- surface saine et sèche avant toute pose, sinon rien n'adhère ;
- bande d'étanchéité ou couvertine posée sur toute la longueur, avec recouvrements dans le sens de l'eau et façonnage soigné aux angles, car c'est là que ça se joue ;
- fixations mécaniques : le vent en tête de pignon est le plus fort de la maison, une bande simplement collée finit dans le jardin.
Selon le budget et la maison, la protection définitive peut être une couvertine zinc ou aluminium (plus durable, avec un vrai larmier de chaque côté), ou une bande d'étanchéité de qualité comme ici, qui fait le travail pour des années.
À vérifier chez vous
Si votre maison a un pignon qui dépasse du toit, regardez sa ligne de crête depuis la rue : mortier éclaté, éléments décalés, traces vertes qui partent du sommet, ce sont les signes. C'est typiquement le genre de point que je contrôle en même temps qu'une recherche de fuite : décrivez-moi ce que vous constatez, le déplacement est gratuit.
Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.
