Chéneau encombré, tuiles plates fatiguées : le duo qui fabrique les fuites
Sur le bâti ancien, la fuite vient rarement d'une seule cause. Un chéneau qui ne s'écoule plus et des tuiles plates en fin de course s'aggravent l'un l'autre, et ça se voit d'en haut.

Ce qu'on voit d'en haut, et jamais depuis la rue
Cette photo est prise en montant, sur une maison ancienne du type de celles qu'on trouve à Rochecorbon et sur les coteaux : un chéneau qui longe un pan de petites tuiles plates.

Deux choses se cumulent ici, et c'est le cumul qui est dangereux :
- le chéneau est encombré : terre, mousses, débris, et même des morceaux de tuiles tombés dedans ;
- les tuiles plates du bas de pan sont en fin de course : bords rongés, éclats, certaines cassées net.
Un chéneau, c'est une gouttière encastrée : quand il déborde, l'eau ne tombe pas dans le jardin, elle part dans le mur ou sous la couverture. Et des tuiles fatiguées juste au-dessus lui envoient leurs débris en continu, ce qui accélère l'engorgement. Chacun aggrave l'autre.
La tuile plate ancienne meurt par le bord
De près, voilà ce que donne une tuile plate en fin de vie :

La terre cuite est un bon matériau. Beaucoup de ces tuiles ont soixante-dix ans ou plus. Mais l'eau retenue par la mousse gèle l'hiver, et le gel fait éclater le bord de la tuile, feuille par feuille. La fissure qu'on voit au centre de la photo finira en deux morceaux au premier hiver rude. Le fer rouillé du châssis, juste au-dessus, ajoute ses coulures.
À ce stade, un démoussage seul ne suffit plus : nettoyer une tuile déjà feuilletée ne lui rend pas sa matière. La bonne réponse est mixte : nettoyer ce qui est sain, remplacer ce qui est mort, et tenir le chéneau propre pour que l'ensemble respire.
L'entretien qui change tout, pour pas grand-chose
Sur ce type de toiture, deux passages par an font une vraie différence :
- curage du chéneau à l'automne, après la chute des feuilles : c'est lui le point vital ;
- contrôle des tuiles au printemps : celles qui ont bougé ou éclaté pendant l'hiver se remplacent à l'unité.
C'est exactement le genre d'entretien qui repousse de plusieurs années une réfection. Et sur de la tuile plate ancienne, une réfection est un chantier lourd. Le détail de ma méthode est sur la page nettoyage et démoussage.
Si vous êtes sur les coteaux
Les maisons de Rochecorbon et des bords de Loire ont souvent ces configurations : chéneaux encaissés, tuiles plates, arbres proches. Si vous ne savez pas quand votre chéneau a été curé pour la dernière fois, c'est probablement qu'il est temps. Dites-moi ce que vous voyez depuis le sol, je monte vérifier, et le déplacement est gratuit.
Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.
