Ardoises fibres-ciment vieillies : remplacer ce qui casse, sans refaire tout le toit
Sur les pavillons des années 60 à 80, l'ardoise en fibres-ciment brunit, se délite, casse une par une. On peut souvent remplacer au fur et à mesure, à condition de savoir jusqu'à quand.

Un matériau qui a couvert la moitié du pavillonnaire
Du côté de Ballan-Miré comme dans toute la métropole, les maisons construites entre les années 60 et le début des années 90 sont très souvent couvertes d'ardoises en fibres-ciment. C'était rapide à poser, léger, économique. Cinquante ans plus tard, ces toitures arrivent en fin de course en même temps. Et ça se voit.

Le matériau ne vieillit pas comme l'ardoise naturelle. Il ne se patine pas : il s'use. La surface devient poreuse, elle brunit, les lichens s'installent, et surtout le matériau devient cassant. Un coup de vent, une grêle, quelqu'un qui marche dessus sans savoir où poser le pied, et l'ardoise fend.
Remplacer au fur et à mesure : oui, jusqu'à un certain point
La bonne nouvelle : une ardoise fibres-ciment cassée se remplace à l'unité. Sur la photo ci-dessus, les éléments gris clair sont des ardoises neuves posées en remplacement : le contraste est net, il s'estompera en quelques années.

Le geste demande de l'équipement (échelles de toit obligatoires, car marcher directement sur ce matériau vieilli en casse trois pour une réparée), mais il reste raisonnable. C'est l'entretien normal de ce type de couverture.
Ce qui doit alerter, c'est le rythme. Deux ou trois ardoises par an, c'est de l'entretien. Dix par hiver, sur des zones différentes du toit, c'est le matériau entier qui a atteint sa limite : chaque remplacement en fragilise d'autres, et il faut commencer à raisonner en réfection.
Les points singuliers vieillissent avant le reste
Sur ces toitures, ce ne sont pas seulement les ardoises qui fatiguent. Les sorties de toit, posées à l'époque, ont le même âge.

Ici, un chapeau de ventilation a été remplacé avec sa platine : l'ancien laissait passer l'eau au raccord. Même chose pour les arêtiers : quand la couverture est reprise ponctuellement, c'est le moment de refaire la ligne en zinc plutôt que de rafistoler l'existant :

Un arêtier en zinc bien façonné protège la ligne la plus exposée du toit pour des décennies. C'est le genre de poste qui coûte peu au moment où l'échelle est déjà en place, et cher quand il faut revenir exprès.
Un mot sur l'amiante
Les plaques et ardoises en fibres-ciment posées avant 1997 peuvent contenir de l'amiante. Ça ne rend pas le toit dangereux au quotidien : le risque existe quand on coupe, perce ou casse le matériau. Concrètement : on ne passe jamais un nettoyeur haute pression dessus, on ne le ponce pas, et lors d'une dépose complète, l'évacuation suit une filière spécifique. C'est une question qu'on tranche à la visite, pas par téléphone.
Ce que je regarde à la visite
- Le nombre d'ardoises fendues ou glissées, et leur répartition sur les pans
- L'état des arêtiers, faîtages et sorties de toit
- La sous-face dans les combles : traces d'humidité, liteaux
- L'année de construction, pour la question de l'amiante
Si votre toit ressemble à celui de la photo, le déplacement pour un état des lieux est gratuit sur toute la métropole : décrivez-moi votre toiture ou regardez ce que comprend une rénovation de toiture.
Écrit par Joseph Hornberger, couvreur à Tours. Les photos sont celles du chantier décrit : pas un seul toit de ce site n'est illustré par une image de banque.
